Les récentes déclarations de Leslie Voltaire sur TV5 ont soulevé une vive inquiétude quant à l’organisation du référendum constitutionnel prévu en mai 2025 et des élections générales en novembre 2025. Selon ses propos, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) se prépare à mener ces consultations nationales sans la participation des populations des départements de l’Artibonite et de l’Ouest, sous prétexte de l’insécurité qui y sévit.
Or, ces deux départements regroupent près de 60 % de la population haïtienne et représentent les principaux bastions électoraux du pays. Comment peut-on prétendre instaurer une nouvelle Constitution en excluant l’avis de la majorité ? Comment imaginer un processus démocratique sans les électeurs des zones les plus peuplées du pays ?
Une Constitution doit être l’expression du peuple, pas d’une minorité.
Une Constitution est l’acte fondateur d’une nation, le socle sur lequel repose l’ensemble des institutions et des lois. Elle ne peut être légitime que si elle reflète la volonté souveraine du peuple dans son ensemble. En écartant l’Artibonite et l’Ouest du processus, les autorités risquent de donner naissance à une Constitution contestée, illégitime et inapplicable.
L’histoire récente nous rappelle que toute tentative de réforme constitutionnelle imposée sans un large consensus populaire mène à l’instabilité politique et sociale. Une nouvelle Constitution ne peut être un simple projet administratif : elle doit être l’émanation d’un dialogue national, où chaque voix compte, surtout celles des citoyens les plus nombreux.
L’insécurité, un prétexte pour un projet biaisé ?
Les autorités justifient l’exclusion de ces deux départements par l’emprise des gangs armés. Mais ne serait-il pas plus logique de combattre l’insécurité au lieu d’exclure la majorité de la population du processus démocratique ? Si l’État reconnaît son incapacité à garantir la sécurité d’une grande partie du pays, comment peut-il prétendre organiser un référendum et des élections crédibles ?
Cette approche soulève de sérieuses interrogations. N’assiste-t-on pas à une tentative de confisquer le pouvoir en écartant les électeurs des zones les plus déterminantes ? Car en réalité, ce n’est pas l’insécurité qui est le véritable problème, c’est l’incapacité ou le manque de volonté de l’État à y faire face.
Un choix dangereux pour l’avenir du pays
Organiser un référendum et des élections dans ces conditions reviendrait à légitimer une Constitution incomplète et une gouvernance imposée par une minorité. Haïti a besoin d’une refonte institutionnelle, mais pas à n’importe quel prix. Un texte fondamental ne peut être adopté sans l’adhésion massive des citoyens.
Si le pouvoir en place persiste dans cette voie, il risque de fragiliser encore davantage la crédibilité de l’État, d’alimenter la méfiance populaire et d’ouvrir la porte à une crise politique encore plus profonde.
Au lieu d’exclure la majorité, les autorités devraient se concentrer sur le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’un processus véritablement inclusif. Une nouvelle Constitution pour Haïti ne peut se construire sans les Haïtiens. #Rtzhaiti26





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